Déclaration liminaire CSA Nice du 18 janvier 2023.

Ce premier Comité Social d’Administration  se tient quelques semaines après la fin des élections
professionnelles. C’est un moment important: les urnes, bien que virtuelles et numériques, ont parlé. Au niveau du CSA de notre académie, la FSU y conforte sa première place avec plus de 40 % des voix et 5 sièges sur 10.
Nationalement notre Fédération confirme également sa place de première organisation dans l’Éducation Nationale avec 34 % des voix au CSA ministériel, creusant l’écart avec la 2nde place, et obtient 6 sièges.
Elle est aussi confortée au ministère de l’Agriculture, représentative dans l’Enseignement Supérieur (où elle progresse fortement en gagnant un siège au CSA du ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche), à la Jeunesse et Sports, aux Affaires Étrangères, à la Culture, au ministère de la Transition Écologique.
Ces résultats nous confortent mais nous engagent aussi pour les quatre années à venir pour mener les combats pour la défense des droits des personnels, pour les retraites, les salaires, les conditions
de travail. Nous ne lâcherons rien !

 

Ce premier Comité Social d’Administration de notre académie se tient aussi dans une période pas ordinaire et qui est déjà bien agitée.

Dans l’éducation les annonces ministérielles dans le premier degré comme dans le second degré sont inacceptables autant sur la forme que sur le fond. C’est par la presse que nous apprenons ce qu’il convient d’appeler des injonctions et pour d’autres annonces des destructions.

Dans le premier degré, le ministère publie quatre notes de service dont le fil rouge est le retour aux méthodes « traditionnelles » qui n’ont pourtant pas fait leurs preuves. Nous dénonçons la poursuite de la politique éducative centrée sur les fondamentaux « lire, écrire, compter » et le contrôle des pratiques enseignantes. En imposant à cette période de l’année des circulaires aux équipes pédagogiques, l’idée est de focaliser sur un marronnier bien connu « le niveau des élèves baisse » et de pointer la responsabilité sur les personnels. Or, c’est d’une autre politique éducative dont a besoin l’école pour réduire les inégalités. Il est nécessaire de reconstruire des réseaux d’aides complets avec des personnels spécialisés, de recruter des enseignantes et enseignants remplaçants, de donner les moyens pour avoir une inclusion de qualité, de restaurer les « plus de maîtres que de classes », de former et rémunérer davantage les PE…C’est à ces conditions que l’école réussira sa mission de faire réussir tous les élèves. A l’opposé de cette ambition, le ministère supprime 1 177 postes à la rentrée prochaine dans le premier degré, une première depuis 2012.

 

Le ministre Pap Ndiaye s’est parfaitement adapté aux méthodes employées par son triste prédécesseur en annonçant dans les médias, plutôt qu’aux personnels et à leurs représentants, ses décisions et mesures CONTRE le service public d’éducation. Il y a quelques jours, on apprenait ainsi que des heures de « consolidation ou approfondissement » en mathématiques et français pourraient notamment être assurées des professeurs des écoles en classe de 6ème en collège. Mais mercredi, par voie de presse, nous apprenions que ces heures seraient financées … par la quasi suppression de l’enseignement de la Technologie en classe de 6ème ! Si cette information était confirmée, il s’agirait surtout pour le ministère de réduire brutalement la pénurie de professeurs de technologie … loin, très loin de toute considération pédagogique. Il est à craindre une baisse drastique de l’offre pédagogique dans le second degré si cette solution était appliquée à toutes les disciplines qui ont des difficultés de recrutement !

Dans les lycées professionnels la précédente réforme, initié par le funeste ministre Blanquer, vient tout juste de livrer ces premiers bacheliers. Elle avait déjà considérablement amputé la formation des lycéens professionnels en réduisant le nombre d’heures d’enseignement général et en créant une seconde indifférenciée au sein de familles de métiers. Sans avoir fait la moindre évaluation de cette transformation, de nouvelles mesures sont annoncées aujourd’hui toujours plus néfastes. La nouvelle réforme est portée par le ministère du travail et constitue un danger pour l’avenir des élèves et une véritable remise en cause d’un des piliers de l’école républicaine : l’égalité entre tous les élèves. Réforme calquée sur le modèle de l’apprentissage, qui témoigne du manque d’ambition pour la jeunesse scolarisée en lycée professionnel souvent issue de milieu modeste et qui condamne ces jeunes à ne pas poursuivre d’études supérieures.

 

Quant à la revalorisation des personnels enseignants les attitudes politiciennes du candidat Macron magnant de façon éhontée le mensonge font honte à la démocratie. On ne peut pas impunément promettre en avril 2022 une revalorisation de 10% des salaires pour tous les enseignants et envoyer son ministre de l’éducation dire le contraire quelques semaines après son élection.

Nous réclamons l’augmentation prévue pour toutes et tous sans contrepartie ni missions supplémentaires et une amélioration des conditions de travail qui passe nécessairement par une diminution des effectifs par classe. Force est de constater mais nous y reviendrons lors du point 3 b de l’ordre du jour de l’instance de ce jour que c’est la direction opposée qui est prise en privilégiant le financement de projets au détriment de l’amélioration des conditions d’études des élèves et de travail des personnels.

 

C’est tout cela qui a été dénoncé hier avec force dans le cadre de la journée d’action à l’appel de la FSU lors de rassemblements et de conférences de presse.

 

 

Nous profitons de cette réunion pour nous étonner d’une mesure pour le moins étrange et jamais présentée aux représentants du personnel dans le cadre du Plan académique de formation. En effet nous avons découvert grâce à nos collègues la mise en place de stages de réseau avec des candidatures à public désigné à la main des chefs d’établissement.  Dans certains bassins nos collègues ont reçu un courriel le 22 décembre sur une adresse administrative pour une formation le 5 janvier semaine de la rentrée…Cela montre le mépris et la méconnaissance de notre travail et il n’est pas certain que la charte académique de pilotage des EPLE signé lundi 16 janvier permette de changer cela.

 

Nous ne pouvons laisser s’installer ces instances aujourd’hui sans vous dire qu’une période agitée s’est ouverte car en plus des difficultés dans notre secteur la réforme des retraites présentée par E Borne  le 10 janvier dernier est totalement rejetée par l’opinion. Pour les personnels que nous représentons ici, qui pour la majorité d’entre eux font quelques années d’études supérieures avant d’être recrutés, les dispositions sont injustes et déséquilibrées.

Nous refusons d’avoir à travailler jusqu’à 67 ans pour avoir une retraite sans décote. Nous refusons le recul de l’âge minimum de départ à la retraite à 64 ans et l’allongement de la durée de cotisation à 43 annuités pour une pension complète. Cela aussi en relation avec une profession fortement féminisée qui est aujourd’hui particulièrement visée. Face à cette réforme injuste et brutale, la FSU porte un tout autre projet de répartition des richesses, d’égalité femmes/hommes et de justice sociale. Pour imposer ce projet, nous serons massivement en grève et dans la rue demain.

 

Nous espérons que le dialogue social pourra se poursuivre et que vous saurez adapter le calendrier en fonction des actions qui seront organisées dans les prochaines semaines.