La CGT tiendra son congrès national du 18 au 22 mars à Toulouse

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On peut relever, dans leur document d’orientation quelques préoccupations de la CGT, anciennes ou nouvelles, mais que la CGT semble décider à approfondir et à conduire sur les enjeux territoriaux, sur la sécurité sociale professionnelle, sur le syndicalisme.

Voici quelques morceaux choisis, qui font largement échos à nos préoccupations.

À partir des enjeux territoriaux, articuler revendications professionnelles et interprofessionnelles

I.51. La prise en compte des enjeux territoriaux est devenue un enjeu majeur pour toute la CGT. C’est une responsabilité partagée par toutes les organisations de la CGT.

I.53. Nous l’avons d’ailleurs identifié lors du 49e congrès : l’émergence du fait régional est incontestable. La montée en puissance des régions d’un point de vue économique, social, politique et institutionnel se fait sans que s’exerce réellement la « vie démocratique régionale » : peu de place est accordée aux acteurs citoyens et sociaux !

I.54. Les évolutions institutionnelles – décentralisation, révision générale des politiques publiques, loi « hôpital, patients, santé, territoires », réforme des collectivités – ont redistribué les cartes des responsabilités et des compétences. Les choix d’organisation et d’investissement des grands groupes façonnent la répartition des activités productives et des emplois, accentuent la concentration des emplois dans les métropoles régionales. Ainsi des mouvements multiples modifient en profondeur le tissu économique et social et nous confrontent à de nouveaux défis de syndicalisation et d’organisation dans les territoires. Certaines compétences de l’État sont désormais exercées par des collectivités locales tandis que progressent la régionalisation et la métropolisation. Il nous faut identifier et comprendre ces évolutions, leurs conséquences sur la vie des salarié-e-s au et hors travail pour pouvoir mieux intervenir.

Sur le syndicalisme

I.64. Les nouvelles règles de représentativité vont faire justice aux syndicats qui aujourd’hui recueillent la confiance des salarié-e-s, en prenant en compte leur influence réelle lors des négociations.

I.69. Le mouvement syndical français est divisé. Cela apparaît d’autant plus anachronique que le syndicalisme européen a fait la démonstration de ses capacités à converger, ce qui a permis de mettre en perspective une Europe sociale. En France, la multiplicité des syndicats ne contribue pas à la syndicalisation et une plus grande efficacité syndicale, au contraire.

I.74. Pouvons-nous malgré ces divergences d’appréciation qui ne disparaîtront pas du jour au lendemain, mener des démarches unitaires sur des revendications communes ? Cela est possible comme nous le constatons dans des entreprises ou des branches professionnelles. Cela est nécessaire dans l’objectif du « syndicalisme rassemblé », orientation de la CGT depuis plus de quinze ans.

I.77. Parce qu’ils ont les mêmes préoccupations, des syndiqué-e-s et des syndicats affiliés à d’autres organisations non confédérées sur le plan interprofessionnel, se posent aujourd’hui la question de leur avenir, de l’avenir du syndicalisme, de leur éventuelle confédéralisation. Certain-e-s même nous interpellent.

I.78. En effet, si dans notre pays le pluralisme syndical est une réalité qui s’impose à tou-te-s, la multiplicité des organisations issue des différentes scissions d’organisations syndicales, ne s’est pas accompagnée d’un renforcement global des syndicats, bien au contraire. Cette situation se révèle finalement préjudiciable pour le monde du travail. Nombreux en sont conscients. Nous sommes naturellement ouverts et disponibles à toutes réflexions qui visent à reconstruire un paysage syndical moins éclaté.

I.79. Par exemple, dans cet esprit et sur la base des initiatives communes portées ces dernières années, la CGT poursuivra le travail engagé avec la FSU.

Sur le travail



II.31. Investir le travail, c’est partir du travail réel, tel qu’il est, sans a priori. Il n’est pas uniquement souffrance ou uniquement source d’épanouissement. Il est le plus souvent l’une et l’autre dans des proportions variables.

II.32. Nous aurions grand bénéfice à tirer d’une approche ouverte qui redonne la parole aux femmes et aux hommes sur ce qu’ils ont en commun, le travail. C’est d’autant plus urgent que la situation actuelle n’est pas sans effet sur la capacité individuelle et collective à revendiquer. La maltraitance du travail engendre une démotivation qui se répand dans des catégories de salarié-e-s jusqu’à présent épargnées, comme l’encadrement supérieur. Or, l’expérience le montre, moins on est fier de son travail, moins on est enclin à revendiquer. Aller à la rencontre des millions de salarié-e-s pour reconquérir la fierté au travail doit donc devenir une priorité de notre activité. Investir le travail appelle une activité de proximité, permet de resserrer les liens avec les salarié-e-s et de redynamiser l’action syndicale.

II.60. La revendication d’un nouveau statut du travail salarié (NSTS) est indissociable de la reconnaissance de la place centrale du travail dans sa dimension humaine, son apport à la société et à la création de richesses. Nous avons la volonté de gagner des droits pour les salarié-e-s qui ne soient plus exclusivement liés à l’emploi occupé à un moment donné.

II.61. Le nouveau statut du travail que nous revendiquons s’insère dans notre ambitieux projet de développement humain durable. Il permet de lier le développement économique durable à un développement de droits sociaux de haut niveau. Cela trace la voie d’une transformation de la condition salariale, puisqu’il vise à élever les droits des salariés au-dessus de leur lien de subordination à l’employeur.

II.65. C’est pour ces raisons que nous revendiquons un socle commun de droits individuels transférables, garantis collectivement et opposables à tout employeur par le développement de droits interprofessionnels quel que soit le contrat de travail.